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La réforme de la protection sociale du 15 novembre 1995
Trois ordonnances portant réforme de l’Assurance
Maladie et du
système de soins ont été adoptées
le 24 avril 1996 par le conseil
des ministres. Elles concernent la maîtrise médicalisée
des
dépenses de santé, l’organisation
de la Sécurité sociale et en
dernier lieu, la réforme de l’hospitalisation
publique et privée.
C’est cette dernière qui a touché
plus particulièrement la CRAM
de Bretagne.
La réforme de
l’organisation de la Sécurité sociale
Une nouvelle logique contractuelle entre l’Etat
et les caisses de
Sécurité sociale est instaurée.
A partir de 1997, des conventions
pluriannuelles sont conclues entre l’Etat et les
caisses nationales,
et entre les caisses nationales et les caisses locales
de Sécurité
sociale. Des contrats d’objectifs et de gestion
qui définissent les
moyens de fonctionnement des organismes, leurs objectifs,
leurs
orientations...
Autre modification, la composition du conseil d’administration.
Les représentants des assurés sont désormais
désignés par les
organisations syndicales et ceux des employeurs sont,
à nouveau,
à parité dans ce conseil. Siégeront
également des personnes
qualifiées issues d’autres secteurs de
la vie économique et sociale.
Des unions régionales des caisses d’assurance
maladie (Urcam)
des différents régimes de base obligatoire
ont été également
créées. Elles ont pour principale mission
de définir et mettre en
oeuvre une politique commune de gestion du risque (relative
à la
médecine de ville).
La réforme relative
à la maîtrise médicalisée
des dépenses de santé
Elle repose d’abord sur la définition d’une
politique de santé
publique avec la création des conférences
nationale et régionales
de santé. Des instances dont l’objet est
d’analyser les données
sanitaires et l’évolution des besoins de
santé de la population et de
proposer des orientations et des priorités pour
une politique de
santé publique.
D’autre part, la réforme tend ensuite à
adapter l’offre de soins, à
promouvoir la coordination des soins, à améliorer
les systèmes
d’information de l’assurance maladie et
à rendre plus contraignante
les règles de la maîtrise médicalisée.
Dans ce domaine, ont été
créés et développés le carnet
de santé, généralisé à
l’ensemble
de la population de plus de 16 ans, les filières
et réseaux de soins
comme forme nouvelle de prise en charge des patients...
Côté système d’information,
la carte Sésam Vitale marque la
réforme (informatisation des cabinets médicaux,
transmission des
factures et feuilles de soins électroniques...).
Enfin, autre point majeur de cette réforme, le
développement des
médicaments génériques et la définition
des références médicales
opposables.
La réforme de
l’hospitalisation publique et privée
La nouvelle politique hospitalière repose essentiellement
sur la
détermination d’objectifs de dépenses,
la contractualisation et
l’accréditation. De nouvelles structures
ont été créées : les agences
régionales de l’hospitalisation (ARH).
Elles reprennent les
compétences de l’Etat et de l’assurance
maladie pour ce qui a trait la gestion hospitalière. Ainsi, les
agences sont chargées de la
planification sanitaire, des autorisations d’équipement,
de l’allocation
de ressources aux établissements, de la fixation
des tarifs des
cliniques privées, et ce qui est nouveau, de
la négociation des contrats pluriannuels avec
tous les établissements de soins publics et privés.
Une démarche contractuelle qui détermine
les orientations
stratégiques, les évolutions des activités,
l’organisation... et fixent les
objectifs en matière de qualité des soins.
Côté dépenses, chaque année
les pouvoirs publics fixent l’objectif
prévisionnel d’évolution des dépenses
des établissements de
soins publics, et détermine corrélativement
le montant total des
dépenses hospitalières. Ce montant sera
constitué en dotation
régionale présentant un caractère
limitatif.
Enfin, la démarche d’accréditation
annoncée dans la réforme,
impose à tous les établissements de santé
de se soumettre à une
procédure externe d’analyse et d’évaluation
de la qualité des
prestations sanitaires. Cette procédure est conduite
par un
organisme indépendant : l’agence nationale
d’accréditation et
d’évaluation en santé (ANAES).
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